Au bas mot /// 02 2009
Le moins que l’on puisse dire c’est que nous vivons dans une société où il ne faut pas avoir peur. Ne pas avoir peur et avoir envie… Voir avoir vraiment la foi ! Avoir la foi, pas les foies.
En tant qu’opérateur culturel et en tant que citoyens ayant accès à l’information et les moyens d’être dans une forme de réflexion, les bras nous en tombent.
Parce que lorsqu’on voit le concept financiario-politico-morbide de « la crise » se répandre complaisamment dans les médias via la parole des « élites » qui nous enjoignent autoritairement de se serrer les coudes et de se retrousser les manches après ce « 11 septembre économique » dixit Mme Parisot. C’est pour rire en fait non ? Non parce que si c’est un « 11 septembre », j’ai comme l’impression qu’on vient de refiler des milliards aux terroristes en disant aux victimes « Pouvez pas geindre moins fort, on n’arrive pas bien à compter les liasses ».
Quelle époque singulière que celle qui voit le système financier prouver et faire approuver son inhumanité, sa violence, avec dans le même temps un démantèlement de tout ce qui est le fondement d’une société ; l’éducation, la sécurité sociale, les minima sociaux, la recherche, la culture, l’aménagement du territoire, les transports en commun, l’assurance-chômage…
Comme c’est bizarre d’entendre parler pouvoir d’achat et consommation des ménages à longueur de journée alors que 10 millions de gens voudraient juste avoir de quoi vivre décemment !
C’est tellement absurde que ça nous laisse sans voix. Et pourtant la mobilisation du 29 janvier à Marseille était pleine de détermination, d’énergie, de solidarité. Alors, est-ce à dire que nous avons encore suffisamment de ressort ? Que la guerre n’est pas perdue ?
Céline Berthoumieux



