Darwin et associés /// 03 2009
Après une année européenne de l’interculturalité (si si, c’était en 08), nous voilà, depuis janvier, dans l’année européenne de la « créativité et de l’innovation ».
Rassurez-vous cela ne s’accompagne d’aucune ligne de financement, mais stipule dans la note de synthèse déclarative : « Les capacités de créer et d’innover sont indispensables au progrès économique et social. L’Union européenne (UE) doit renforcer ces capacités pour bénéficier des évolutions de la société de la connaissance plutôt que de les subir ». C’est une initiative qui s’adosse au programme « éducation et formation tout au long de la vie », dont quelques-unes des clefs sont : apprendre à apprendre, compétences sociales et civiques, sensibilité et l’expression culturelle.
Des valeurs, une éthique, défendues et affirmées par un grand nombre d’associations, culturelles ou non, qu’elle soit issues de l’éducation populaire, de mouvements citoyens, dans la mouvance des nouveaux territoires de l’art... Il ne s’agit pas ici de faire de l’angélisme, mais combien de lieux, de projets, de structures, s’investissent dans la vie de leur ville, leur quartier sans ou avec peu de moyen ?
Peu de moyens mais une capacité, justement, à innover sur les questions culturelles, sociales, mais aussi dans la façon de co-opérer, co-produire, de collaborer, attentifs à la place de chacun, la nécessité. Ce tissu associatif est en dialogue avec tous les acteurs d’une société, du local au global, des gens faisant lien permanent avec les habitants, les élus, les entreprises, les institutions territoriales, les travailleurs sociaux, les commerçants…
Et pourtant ce travail, cette énergie, cet engagement sont quasi invisibles. Alors que 10% de la population active française travaille dans une association, il semble qu’il n’existe que deux modèles, l’entreprise et la fonction publique. Deux mondes clos, se faisant face, et dont les méthodes seraient la seule alternative pour une société sur le plan économique, social, organisationnel. Deux sphères ou les têtes pensantes montrent leurs limites, leur manque d’innovation et de créativité justement, une incapacité à proposer autre chose que leur système dans un monde qui de toute façon à changé, sans eux.
Pour finir comme nous avons commencé, sur une célébration, cette année est aussi l’année Darwin. Beaucoup plus médiatique, la théorie de l’évolution n’a plus de secret pour nous. Pourtant je ne suis pas sure que tout le monde ait bien entendu que ce n’est ni les plus forts, ni les plus nombreux qui s’en sortent à la fin, mais ceux dont la capacité d’adaptation est la plus grande…



