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du cyberCAFE à ZINC

A l’origine, un cyberCAFE … puis l’ECM et maintenant ZINC.

A l’origine …

Et là on peut vraiment parler d’origine, il y a le Cyb.Estami.net, ou le Cyber.C.A.F.E. des Internautes Associés qui a ouvert à la Friche, entre le bar, le babyfoot et la salle de concert, le 2 mai 1995. Mais pas un cyber-café, un Cyber.C.A.F.E. pour Common Access for Everybody.

Initials C.A.F.E pour Common Access For Everybody par Fabienne Ellena

Nous dédions ces mots à Lee Felsenstein et à Efrem Lipkin loving grace cybernetics

La mode du cyber cafe déferle sur l’Europe et tout le monde bouffe du cyber, en veux-tu en voilà. Avant que d’être galvaudé par cette prolifération honteuse de quelques marchands avides de nouvelles vagues... Il est important de savoir que la cybernétique n’est pas un concept développé par quelques technos fans branchés qui passeront à autre chose une fois la mode passée.

[…] Dans l’état actuel des choses, la vigilance politico-socio-économique doit être d’une grande rigueur afin que les nouvelles technologies d’information et de communication favorisent un nouvel essor social et économique et n’excluent personne de cette révolution.

CAFE pour common access for everybody car, comme au début du siècle, les cafés littéraires regroupaient la fine fleur de l’intelligentsia urbaine européenne, nous pensons que le cyber_café apparaît comme la plate forme idéale de découverte, d’apprentissage de ces nouvelles technologies.Nous n’installons pas l’internet au café comme un divertissement, une attraction nouvelle pour une élite tecno-branchée, comme un nouveau flipper...Notre concept est autre. Nous créons des espaces de convivialité, de sociabilité, d’échanges et de confrontations de cultures, de débats d’idées, d’apprentissage.(…) Notre démarche est de démocratiser l’acces du Net de veiller à y conserver un espace démocratique, de respect d’autrui, et de regroupements de compétences et d’idées.

Voir texte intégral sur :

http://web.archive.org/web/19961202...

On dit que c’est l’un dès premiers cyber en France. Pas pour faire les fières, mais pour dire simplement que c’est une aventure assez particulière que Les Internautes Associés, avec Taktik, ont initié dans cette friche artistique et culturelle, avec SFT.

Lire l’idée et le projet du Cyber.CA.F.E raconté par Fabienne Ellena, l’une de ses co-fondatrice

le premier cyber-c.a.f.e de France

Lors d’un voyage aux Etats Unis en 92, j’avais eu la chance de visiter l’Electronic Cafe à Santa Barbara, et, bien que n’étant pas informaticienne, je trouvais alors l’idée magnifique.

Des micros-ordinateurs connectés au réseau Internet dans un lieu convivial, ouvert au public, n’était pas sans nous rapeller les cafés littéraires où les artistes, les intellectuels se rencontraient, lisaient les journaux à ceux qui ne savaient pas encore lire, donnaient des nouvelles du monde, le refaisaient.

De retour en France, je ne pouvais me résoudre à ne plus avoir ces outils, je me heurtais aux problèmes dûs au manque de structure (pas de providers en région PACA). Je m’abonnais donc à Compuserve, il n’y avait pas vraiment d’autres solutions, et me connectais la nuit pour payer moins cher, car la connection se faisait sur Paris et Marseille Paris pendant quelques heures c’était pas vraiment donné (autour de 175 Frs de l’heure).

J’approfondissais ma connaissance du cyber-espace, tissais des liens tout autour de la planète.

Consciente de l’importance de l’outil Nouvelles Technologies, et de la révolution qui allait en suivre, je n’eus de cesse que de rassembler les compétences nécessaires à la mise en oeuvre d’une plate forme idéale ouverte au plus grand nombre, dédiée à la démocratisation et à la vulgarisation de l’Internet.

La réunion de Marc Parronchi, informaticien spécialiste du développement micro, de Christian Artin, activiste du PIXEL depuis 12 ans (avec lesquels nous fonderons un mois plus tard Les Internautes Associés), de Didier Urbain et Lolita Doullay, fondateur du journal Taktik, ainsi que l’adhésion de SFT qui permit au Cyb.estami.net de s’installer à la Friche la Belle de Mai, à l’occasion des rencontres Imagina, fit que le rêve devînt réalité.

En même temps, la technologie commençait déjà, en mai 1995, à pointer son nez à la Friche : c’était la deuxième édition des « Rendez-vous d’Imagina », rétrospective et palmarès du festival Imagina, proposé par l’INA et le Mécénat SEITA. Et les artistes de la Friche, plutôt versé dans les arts du spectacles ou les arts plastiques, de découvrir la manière d’utiliser, de tordre et de détourner les outils technologiques, en particulier l’informatique, pour créer et diffuser.

Cet chose étrange, le web, fascinait. On avait lu quelques articles dans Libération sur l’ouverture du Cybéria à Londres, les premières expériences d’internautes dans Actuel … Mais là, il était en bas de la Tour, des salles de spectacles et des bureaux. Comme une métaphore de la Friche : création et diffusion, production et socialisation. Un espace de recherche, de possibles, d’accès à des mondes inconnus, en friches eux aussi.

Les premières créations de sites artistiques avec Paquito Bolino qui prenait cet outil comme une photocopieuse mondiale (un rêve pour un sérigraphe-imprimeur-éditeur), le site de la friche, de Radio Grenouille … Et les premiers afficionados.

Quelques traces sont encore disponibles encore sur les tera-octet du site www.archive.org : http://web.archive.org/web/19961202...

L’ECM à la Friche

L’ECM de la Friche se crée en 1998 au sein de Système Friche Théâtre sous l’impulsion de Philippe Foulquié et Fabrice Lextrait entre un déménagement, le départ des Internautes vers les sommets de la Net-économie, et un autre cyber dans la Grande Halle de la Villette à Paris pour les premières Rencontres des Cultures Urbaines.

L’ECM se crée à partir des fondamentaux développés par les Internautes – cyberguides, création sur le web, accès pour tous – en affirmant la nécessité de l’alphabétisation numérique : apprendre à lire et à écrire le web, plutôt que simplement savoir utiliser les outils. S’engager dans un projet culturel et social : démocratiser les contenus, permettre de produire, en étant accompagné, en expérimentant cela avec des artistes, des animateurs et des concepteurs multimédia.

Le projet de l’ECM s’est constitué comme un laboratoire des pratiques du web, plus que de leurs usages, avec les publics et les artistes. Ateliers de pratiques artistiques, résidences de création, diffusion, accès à Internet. Autant de moment et de moyens pour engager des médiations, au travers de l’art et la culture, entre la société et la technique. Essayer de dire comment et surtout trouver pourquoi. C’est avec la même utopie que celle des Internautes que nous continuons à mener de front différentes activités, que nous mélangeons les genres et les formes. Des utopies pour détourner/contourner les discours dominants sur ces technologies, dépasser les déterminismes technologiques, tout en concevant que les outils ne sont jamais culturellement neutres !

C’est des partis à prendre sur la Société dite de l’Information (même si elle se décrit comme telle depuis plus de 40 ans), en re-naturant cette information-support pour la rendre vivante : lien et espace public, moyen et outil de débats et de critiques, matière pour l’expression. Pour subjectivement se construire un rapport au monde, avec les autres, ceux qui nous entourent, réellement et électroniquement.

L’histoire de l’ECM s’est aussi construite dans la proximité avec Radio Grenouille : des expériences communes pour mettre un média en ligne, tester le passage de l’ether des ondes hertzienne à l’Internet, de l’éphémère au durable. S’essayer à des formes de contenus multimédia écrites avec des journalistes sonores, des créateurs, mais aussi des rédacteurs et des concepteurs multimédia. Ancrée sur le réseau des lieux de paroles, traiter dans l’instant présent des matières à mémoires. S’inspirer enfin de ce qu’est un média de proximité, un médiateur qui de local à l’international fait se rencontrer les multiples strates de paroles qui disent et interrogent le monde.

Enfin, cette histoire s’est faite et des fait à la Friche. Nouveau Territoire de l’Art fondant son action dans les principes contemporains de l’action culturelle, qui ne s’intéresse pas qu’au dits « publics » ou aux dits « artistes », mais à ces gens qui construisent, par une expression singulière ou collective les nouvelle manière de « vivre le monde ». Qu’on l’appelle « troisième époque de l’action culturelle » ou « nouveaux paradigme de la médiation culturelle », il n’en reste pas moins que c’est par cet intérêt à l’urbain, au social, à l’éducatif, au politique, que s’accompagne aujourd’hui les mutations que ces lieux (et incidemment ces outils) engendrent.

De l’ECM à ZINC

En 2004 le projet de l’ECM se structure et donne naissance à l’association ZINC, résidente à la Friche la Belle de Mai. Une autonomie pour développer au sein de cet espace de création, de diffusion, d’expérimentation par l’art et la culture avec la ville, les gens, l’ailleurs, un producteur de projet arts et cultures numériques. ZINC qui prend place dans le « système » de production de projets à la Friche en travaillant les effets, les incidences, les perspectives des croisements entre art et numérique, et en travaillant les mutations culturelles que cela engage.

www.zinclafriche.org/v1



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