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///Édito

La double injonction /// 12 2009

Lorsqu’on travaille dans le secteur culturel, il est une question qui revient comme une enquête sur le marché de l’immobilier à la une des magazines, c’est-à-dire souvent. Cette question ; « Quelle économie pour la culture aujourd’hui ? » derrière laquelle on peut entendre, « en temps de crise et avec le passage au tout numérique », cf le récent Forum qui s’est tenu à Avignon.

Il semblerait que la place de l’art et de la culture doivent se désaxer pour prendre une place plus centrale dans cette société/monde de brutes.

On sent poindre derrière cette nécessité de pragmatisme économique une légère injonction « Allez y bande de grosses feignasses d’artistes et de cultureux mettez nous donc du sens dans tout ça ! Re-inventez le lien social, investissez la ville ça fera venir des touristes, mettez du sensible, du poétique, rendez le monde plus beau, c’est votre boulot quand même ! ».

Mais oui, sommes-nous idiots, que n’y avons-nous point pensé plus tôt !

Mais du coup c’est super, parce que ça veut dire que ça va se réfléchir et se travailler à partir de l’existant et dans des perspectives durables. Parce que ne nous y trompons pas ; si les grosses expos, ou les événements d’envergure fédèrent beaucoup de monde et rapportent de l’argent, ça n’est pas comme cela que va se développer et s’animer le maillage territorial entre les acteurs culturels, le monde économique, les collectivités… au quotidien. Et si « l’économie de la culture sera chaque jour davantage l’un de nos grands pôles de résistance et même de résilience pour sortir de la crise et pour inventer les nouvelles formes de la croissance de demain », ainsi que l’a dit Mr le Ministre de la Culture, il va falloir en trouver des leviers pour l’activer cette innovation économique et territoriale.

Pourtant si je ne me m’abuse, c’est pas exactement ce qu’on nous dit lorsqu’on parle de « réforme des politiques publiques ». Cela ressemble plutôt à une injonction du type « cessez de croire que la puissance publique peut tout ». Ok mais du coup on fait comment concrètement ?

Alors à la question « Quelle économie pour la culture aujourd’hui ? », répondons par une autre question « Quelles politiques culturelles aujourd’hui, au plan local et national ? ».

PS ; alors que j’écris ces lignes M. le Ministre de la Culture passe devant mes fenêtres. Il est en visite officielle à la Friche la Belle de Mai, un lieu où justement s’inventent les nouvelles formes de la croissance de demain. Des fois la vie est bien malicieuse …

Céline Berthoumieux

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