Retour sur /// 07 2009
En cette période de pré vacances, on est toujours tentés de jeter un coup d’oeil dans le rétro et faire un petit bilan de cette année écoulée. Mais quoi dire ? Comment faire partager une année ? Par un inventaire à la Prévert, des « je me souviens » ? Poétique mais un peu usé. Pourquoi pas un bilan de type quantitatif, tant de publics sur tel événement, tant de participants à tel atelier ? Efficace, nos financeurs adorent, mais trop désincarné. Quelques photos ? On dit que parfois cela vaut mieux que de beaux discours.
Ce que l’on peut/veut retenir de cette année c’est peut-être le plaisir de montrer des œuvres, des projets d’artistes. Ceux que l’on a produits, désirés et montrés par d’autres ; delay d’Etienne Rey au Festival Ososphère à Strasbourg, Or not toupie de Nicolas Clauss à la Maison des Metallos à Paris. Les œuvres qui nous ont fait envie et que l’on a présenté à la Friche ou pas loin, Cocons 2.0 d’Erik Lorré et Yorga pendant le festival Seconde Nature, trois installations du collectif Dardex-M2F pendant les rencontres de l’Orme.
11 mois, ponctués par des rencontres attendues, impromptues, vivantes. Avec le Festival RIAM, nous avons croisé les regards de deux artistes hors normes, Agnès de Cayeux et Annie Abraham. La venue de jeunes cinéastes égyptiens à Marseille pendant le festival des Instants Vidéo. Notre ciné-club « Nice to meet you » s’est transcendé grâce au duo Sysigambis et son projet de la Méditerranée à l’Océan indien. Le collectif Position qui, d’Istanbul à Alexandrie en passant par Marseille, nous embarque dans les méandres de la mémoire… Des petits moments de grâce ; diffraction d’Etienne Rey (encore lui) qui se déploie à l’infini, dans le show room de l’entreprise Cabus et Raullot, au plafond du Débouché puis des Grandes tables de la Friche, dans le musée des Beaux Arts au Palais Longchamp, en attendant la suite.
Et puis les promesses de demain qui surgissent aujourd’hui ; travailler avec BlueScreen sur le croisement et les interstices, Adelin Schweitzer sur la réalité de la réalité, Rémy Rivoire et la cartographie, Erik Lorré pour interroger l’élément aqueux, Mohamed Youssef et les particules…
Autour du Cyber, des collèges du département, des lieux ERIC/EPN et partenaires en région – le Portail des Savoirs à Pertuis, la MJC d’Apt, la Gare à Coustellet … - ce sont des rencontres qui retiennent notre attention, rencontres entre des élèves et Mehdi Bencheick, auteur multimédia et grapheur, à la Ciotat pour créer des avatar à coller dans l’espace public, avec Daniel Carrère et Rémy Rivoire, pour envisager des « films dans la poche », ou encore les yeux des publics du Cyber scintillant de Light Painting ou d’orchestre de poésie sonore. C’est aussi l’accueil de professeurs d’Alexandrie et des clavardages entre des élèves là-bas et ici, au collège Grande Bastide ou à l’Ecole Gilles Vigneault, la projection du webcartoon de Sharif El Sayed pendant les Rencontres de l’ORME, à côté des œuvres de Dardex-M2F, et pendant le festival « Même jour même heure ».
Les rencontres au quotidien pour accompagner les gens, des plus jeunes aux plus anciens, avec leurs ordinateurs, leurs téléphones portables, leurs appareils photo numériques, vers des pratiques culturelles qui se construisent, à découvrir des œuvres qui mutent, qui bougent. Être attentif à ce que nos regards évoluent. Nous constituons des « réseaux sociaux » et agissons de manière désordonnée et prolixe dans des espaces d’expression en ligne, et pour autant, nous continuons à fréquenter les lieux d’art et de culture : peut-être pour être ensemble. Peut-être pour se déplacer vers les œuvres, pour vivre avec d’autres des pratiques à partager et à construire.
Dès septembre c’est un Numériclub au collège de la Ciotat qui va prendre forme avec des professeurs, des élèves et des artistes, en région, ce sont des films sur téléphone portable qui vont se construire et se diffuser, une documentation « active » au sein de l’EOEP, encore des rencontres avec des œuvres et des pensées.
Bref, ce fut intense et passionnant. Vivement la rentrée ! Et bon été à vous.
Céline Berthoumieux, Emmanuel Vergès et l’équipe de ZINC



