Une histoire simple /// 02 2010
Signe des temps ; on est en 2010, il faut revenir à l’essentiel. C’est sûr, certain, tout le monde ( ? ) doit, va, veut, aller vers plus simplicité, plus de sobriété. Économie d’énergie. Substantifique moelle.
Avec plaisir, ok, faisons ça. Simplifions. Moins de mots, plus de clarté. Mais alors est-ce à dire que ceux qui n’ont rien à dire se tairont ? Que tout le monde ( ? ) sera prêt à se taire si une parole plus forte et plus censée est prononcée ?
Récemment dans une de ces émissions où la télé parle de la télé, Frédéric TaddeÏ, animateur de l’émission culturelle « Ce soir ou jamais » expliquait que pour lui c’était essentiel, aujourd’hui, dans la cacophonie de la parole « experte » de permettre aux artistes et intellectuels de s’exprimer à propos des questions culturelles et sociétales qui nous traversent et sur lesquelles ils ont ou sont en train de travailler. Limpide. Assez peu entendable pour les gens qui était avec lui dans cette émission abyssale de la télé qui regarde la télé, mais plutôt rassurant, du genre « ok tout n’est peut-être pas complètement perdu ».
À ZINC, travaillant sur les questions soulevées par les mutations liées aux développements des nouveaux médias et nouvelles technologies, nous savons, ô combien, à quel point la simplicité c’est pas simple. En donnant la parole aux artistes, en leur permettant de créer, d’expérimenter, de mettre en public leur travail, être un producteur et un centre ressource, c’est pour nous simple et essentiel. « Les artistes sont les radars de notre monde » a dit Mac Luhan, en citant Ezra Pound dans Comprendre les médias c’est pourtant pas compliqué !
Céline Berthoumieux



